Dysphagie

I. LES SIGNES D'ACCOMPAGNEMENT

Leur présence facilite le diagnostic étiologique.

Ils peuvent être liés à la dysphagie elle-même ou évocateurs de l'organe responsable.

§        La douleur (odynophagie) a le mérite d'inquiéter plus rapidement le malade et le médecin tant ce symptôme est significatif d'une lésion pharyngolaryngée ou oesophagiennne que ce soit une plaie une tumeur ou une infection. On précisera son type, son intensité et surtout son siège : douleur pharyngée haute, douleur cervicale, douleur thoracique rétrosternale à irradiations transversales postérieures. Quand la douleur est réduite à ces seules irradiations, le fait qu'elle soit déterminée par la déglutition permet de la rattacher à son origine pharyngo-oesophagienne.

§        L'otalgie réflexe est une douleur de l'oreille qui n'est pas due à une atteinte de l'oreille externe ou moyenne ; elle orientera plutôt vers le pharynx (signe du coton dans l'oreille).

§        Les régurgitations dont on précisera l'abondance, le caractère précoce ou tardif. Elles peuvent même déterminer un phénomène assez rare de rumination. Elles sont à distinguer des vomissements qui sont d'origine gastrique. Elles orientent le diagnostic vers un diverticule oesophagien.

§        L'hypersialorrhée ou la production excessive de salive accompagne souvent la dysphagie ou l'odynophagie.

§        La dysphonie orientera évidemment le praticien vers une cause pharyngolaryngée, ou devra faire craindre une paralysie récurrentielle d'origine oesophagienne (récurrent gauche).

§        La dyspnée haute, signe clinique toujours tardif, est le témoin d'une atteinte laryngée ou trachéale.

§        La toux réflexe par compression ou irritation peut accompagner une tumeur médiastinale ou cervicale. Une toux expulsive peut être en rapport avec des fausses routes.

§        Enfin, une altération de l'état général se manifeste toujours après une dysphagie prolongée : amaigrissement, état subfébrile, anémie.

§        Les fausses routes peuvent accompagner la dysphagie. Elles sont dépistées à l'occasion de toux réflexe au moment de la déglutition ou d'une pneumopathie de la déglutition affectant le plus souvent la base du poumon droit. Elles peuvent être dues à une insuffisance de fermeture du sphincter laryngé, un défaut de sensibilité pharyngolaryngée ou une aphagie (débordement du larynx par letrop plein alimentaire ou salivaire.