Société de Laryngologie des Hôpitaux de Paris 

Samedi 16 Decembre 2000 

Programme

1. Thyroidectomie sans drainage
F.L Corre - T. Joudinaud - A. Nengsu- G. Renou
Service d'ORL et de chirurgie cervico-faciale - CHI Poissy-St Germain en Laye

2. Enquête rétrospective sur la voix après thyroïdectomie.
V. Strunski, G. de la Roche Saint André, E. Stramandinoli, C. Kolski, C. Page, L. Michel
Service ORL, Centre Hospitalier Amiens

3. Goître multinodulaire et cancer: à propos de 535 cas.
J.C. Pages - M. Ketari - A. Nengsu - M. Doat- F.L. Corre - G. Renou
Service d'ORL et de chirurgie chirurgie cervico-faciale - CHI Poissy-St Germain en Laye

4. Les carcinomes thyroidiens différenciés avec extension laryngo-trachéale. Procédés d'exérèse et de réparation
J.L. Poncet, P. Clement, C. Conessa, S. Herve, M. Kossowski, E. Roguet, P. Verdalle
SERVICE ORL, HIA du Val de Grâce, Paris.

5. Résidus scintigraphiques après traitement chirurgical des carcinomes thyroïdiens
M. Choutet (1) , E. Schmitt , (1). Jacquier (1), T. Kiffel (2)  B. Meyer (1)
(1)Service ORL, CHU Saint Antoine, Paris
(2) Service de Médecine Nucléaire, CHU Saint-Antoine, Paris

6. Orthèse dentaire de propulsion mandibulaire avec piégeur de langue dans le traitement du syndrome d'apnée du sommeil.
M Blumen, I. Buchet, P. Meulien, T. De Dieuleveult, F. Coquille, F. Chabolle.
Service ORL, Hôpital Foch, Suresnes

7. L'orthèse d'avancée mandibulaire réglable dans le traitement des syndromes d'apnée du sommeil sévère : sa réalisation pratique (vidéo)
G. Vincent, B. Pételle, E. Schmitt, B. Meyer
Service ORL, CHU Saint-Antoine, Paris

8. Avancée mandibulaire par orthèse réglable pour le traitement du SAOS sévère. Intérêt du contrôle de l'avancée par oxymétrie
B. Petelle (1), B. Fleury (2), G. Vincent (1), D. Rakotonanahari (2), B. Meyer (1)
(1)Service ORL, CHU Saint-Antoine, Paris
(2)Centre d'exploration respiratoire du sommeil, Service de Pneumologie, CHU Saint-Antoine, Paris

9. La radiofréquence avec contrôle thermique dans le traitement du syndrome d'apnée du sommeil modéré.
M. Blumen, S. Dahan, C. Hausser Hauw, B. Fleury, D. Clero, F. Chabolle
Service ORL, Hôpital Foch, Suresnes

10. Etude comparative de l'uvulectomie par radiofréquence (Rf) isolée versus son association à la Radiofréquence intra-vélaire (Rf-IV)
J.L. Ait-Ainer, E. Schmitt, B. Pételle, B. Meyer
Service d'ORL, CHU Saint-Antoine, Paris

11. Radiofréquence intra-vélaire . Apport de la céphalométrie
E. Schmitt, JL. Ait Amer, B. Pételle, B. Meyer
Service d'ORL, CHU Saint-Antoine, Paris

12. Quelle place reste-t-il pour la chirurgie dans le traitement des rhonchopathies chroniques en 2000?
B. Meyer, E. Schmitt, B. Pételle, J.L.Aït-Amer
Service d'ORL, CHU Saint-Antoine, Paris

13. La polysomnographie : en laboratoire ou à domicile ?
F. Gagnadoux (1), E. Schmitt (2) , B. Fleury  (1), B. Meyer (2)
(1)
Centre d'exploration respiratoire du sommeil, Service de Pneumologie, CHU Saint-Antoine, Paris
(2) Service ORL, CHU Saint Antoine, Paris


1. Thyroidectomie sans drainage
F.L Corre - T. Joudinaud - A. Nengsu G. Renou
Service d' ORL et de chirurgie cervico-faciale - CHI Poissy-St Germain en Laye

Objectif: Ce travail fait suite à une étude prospective effectuée en 1996-97 sur 1 00 patients consécutifs affectés de façon aléatoire au drainage ou à l'absence de drainage aspiratif . Nous avions montré qu'il n'existait pas de différence significative en terme de complications postopératoires entre les deux groupes. Ces conclusions nous ont conduits à abandonner le drainage systématique des thyroïdectomies. Cette présentation à pour objectif de faire le bilan de cette attitude sur les 305 patients opérés après la fin de l'étude prospective, notamment en terme de durée moyenne de séjour.

Matériel et méthode :
305 patients ont subi une thyroïdectomie entre juin 1997 et octobre 2000. Nous avons étudié :

  • les critères qui ont conduit à maintenir un drainage dans 70 cas,
  • les résultats observés chez les 235 patients oui n'ont pas été drainés,
  • les conséquences de l'absence de drainage sur la durée moyenne de séjour.

Conclusion : A l'exception des curages jugulo-carotidiens, de certaines extensions médiastinales, les thyroïdectomies peuvent être réalisées sans drainage en toute sécurité. Cette attitude conduit à une réduction de la durée moyenne de séjour.

2. Enquête rétrospective sur la voix après thyroïdectomie.
V. Strunski, G. de la Roche Saint André, E. Stramandinoli, C. Kolski, C. Page, L. Michel
Service ORL, Centre Hospitalier Amiens

La voix, après thyroïdectomie, est le plus souvent appréciée de façon binaire : présence ou absence dîne paralysie récurrentielle. 
Matériel et méthode :
Gràce à une enquête rétrospective comportant 300 réponses sur 600 thyroïdectomies réalisées en 5 ans au CHU d'Amiens, les auteurs soulignent la fréquence des troubles de la voix après lobo-isthmectornie ou thyroïdectomie totale.
Résultats :
88 % des patients jugeaient que leur voix était normale avant l'intervention. Après chirurgie, près de 49 % seulement ont répondu que leur voix était identique en pré et postopératoire. 51 % disaient avoir une modification de la voix (voix rauque, enrouée, cassée, faible, chuchotée, variable, impossibilité de chanter ou de crier, apparition d'un raclement de gorge). La durée de la dysphonie postopératoire était variable: 21,6 % à 15 jours, 9,6 % à un mois, 10,2 % à deux mois, 4,4 % à trois mois, 2,2 % à quatre mois, 0,7% à cinq mois et 9.8 % à six mois. La rééducation orthophonique n'a été proposée qu'à 5,8 % des patients. Au-delà de 6 mois, encore 8,5 % des patients disaient garder quelques difficultés de communication (au téléphone, au travail, en famille, dans le bruit, à l'appel des autres).
Certains de ces patients ont été reconvoqués pour bilan phoniatrique (voix conversationnelle, aptitude à la lecture, voix chantée, voix projetée... ). Une minorité inférieure à 2 % du total avaient une paralysie récurrentielle. Certains présentaient une dysphonie préexistante à l'intervention (tabagisme, laryngopathies diverses). Chez d'autres, l'imputabilité d'une attrition d'un nerf laryngé externe a été évoquée mais rarement prouvée par l'examen stroboscopique.

Conclusion :
La méthodologie de l'enquête est critiquable, teintée de subjectivité. Elle souligne néanmoins la fréquence de petits troubles vocaux résiduels alors que pour l'essentiel, la voix est revenue à la normale.

3. Goître multinodulaire et cancer: à propos de 535 cas.
J.C. Pages - M. Ketari - A. Nengsu - M. Doat- F.L. Corre - G. Renou
Service d'ORL et de chirurgie chirurgie cervico-faciale - CHI Poissy-St Germain en Laye

Objectif - Le but de cette étude rétrospective était d'analyser la fréquence des cancers dans les goitres multi-nodulaires (GMN). Cette fréquence modifie-t-elle l'approche thérapeutique classique ?
Matériel et méthode :
Cinq cent trente cinq patients (âge moyen = 48 ans) atteints d'un GMN confirmé histologiquement., ont été opérés entre avril 1981 et octobre 2000. Il y avait 458 femmes (85,6%) et 77 hommes (14,4%). Quatre cent dix patients étaient euthyroïdiens (85,6%), 71 étaient en hypothyroïdie biologique (13,4%). Les interventions pratiquées ont été les suivantes :

  • 208 lobo-ishtmectomies
  • 108 thyroïdectomies subtotales,
  • 219 thyroïdectomies totales.

Un évidement de la zone III-IV a été réalisé 7 fois. Cinquante quatre patients avaient un cancer thyroïdien différencié (CTD) associé. Les cinquante quatre cancers ont été divisés en deux groupes : Le groupe 1 était constitué des patients dont la taille du cancer était inférieure ou égale à 5 mm. Le groupe Il était constitué des patients dont la taille du cancer était strictement supérieure à 5 mm.
Résultats
: La fréquence des CTD était de 10,1% (54/535). Il y avait 48 femmes (88,8%) et 6 hommes (11,2%). L'âge moyen était de 48 ans. Le test paramétrique du CHI 2 n'a pas trouvé de relation significative entre l'âge, le sexe et la présence d'un CTD. Il s'agissait 51 fois (94,4%) d'un cancer papillaire et 3 fois (5,6%) d'un cancer vésiculaire. Le groupe 1 était formé de 25 patients (46,3%), 8 fois le cancer était multifocal (32%), une notion de CTD familial était trouvée 9 fois (36%), 8 cytoponctions ont été faites, elles ont toutes été négatives. Le groupe Il était formé de 29 patients (53,7%), 8 fois le cancer était multifocal (27,5%), une notion de CTD familial était trouvée 8 fois (27,5 %) vingt cytoponctions ont été faites, elles ont été négatives 13 fois.
Conclusion
:La proportion de cancers dans les GMN est proche de la proportion des cancers dans les nodules uniques de la thyroïde. Les indications chirurgicales doivent donc reprendre celles des nodules uniques. Nous pensons que chaque fois que le GMN est bilatéral, la thyroïdectomie doit être totale.

4. Les carcinomes thyroidiens différenciés avec extension laryngo-trachéale. Procédés d'exérèse et de réparation
J.L. Poncet, P. Clement, C. Conessa, S. Herve, M. Kossowski, E. Roguet, P. Verdalle
SERVICE ORL, HIA du Val de Grâce, Paris.

Objectif -. L'envahissement de l'axe laryngo-trachéal des carcinomes thyroïdiens différenciés pose des problèmes diagnostiques et thérapeutiques qui sont étudiés en fonction de la localisation initiale et de l'extension tumorale.
Matériel et méthode .
De juillet 1987 à mai 1999,322 thyroïdectomies ont été effectuées dans le service d'O.R.L. de l'HIA du Val de Grâce. 47 carcinomes thyroïdiens différenciés ont été dépistés (14,1% des cancers). 9 extensions à l'axe laryngo-trachéal ont été mises en évidence (fréquence: 19,1 %).
Le traitement de l'extension laryngo-trachéale a consisté en 2 exérèses trachéales (tunique externe), 2 résections trachéales (paroi), une résection chondro-périchondrale de l'aile externe, une hémicricoïdectomie avec résection des quatre premiers anneaux trachéaux, une résection de l'arc antérieur du cricoïde, une laryngectomie totale de rattrapage et une laryngectomie totale d'emblée. Les procédés de reconstruction sont étudiés en fonction de la localisation et de l'importance de l'envahissement tumoral.
Résultats -.
Huit patients sont contrôlés sans récidive (recul de à 1 l ans), et le patient traité par laryngectomie totale d'emblée en raison d'une extension massive à l'axe laryngo-trachéo-oesophagien est décédé d'une métastase cérébrale.
Conclusions . Les auteurs insistent sur la difficulté de réaliser en pré opératoire un diagnostic d'extension précis malgré la fibroscopie et les moyens cliniques d'imagerie (scanner et IRM).Ils proposent une attitude thérapeutique maximaliste avec chirurgie d'exérèse, IRA thérapie postopératoire et éventuellement radiothérapie externe. Une surveillance prolongée est indispensable.

5. Résidus scintigraphiques après traitement chirurgical des carcinomes thyroïdiens
M. Choutet (1) , E. Schmitt , (1). Jacquier (1), T. Kiffel (2)  B. Meyer (1)
(1)Service ORL, CHU Saint Antoine, Paris
(2) Service de Médecine Nucléaire, CHU Saint-Antoine, Paris

Introduction :
La thyroïdectomie totale, indiquée lors des adénocarcinomes thyroïdiens, laisse toujours des reliquats tissulaires détectés et détruits, lors de l'irradiation complémentaire réalisée 6 semaines plus tard par l'iode radioactif (IRA). La quantité de tissu laissé en place est difficile à apprécier car le plus souvent le geste parait complet pour le chirurgien. Nous avons réalisé cette étude pour analyser et quantifier l'importance de ces résidus.
Matériel et méthode :
Cette étude concerne 19 adénocarcinomes thyroïdiens opérés en 1998 et 1999. Il s'agit de 12 papillaires et 6 vésiculaires ayant été traités par thyroïdectomie totale en 1 ou 2 temps. 17 patients ont eu un traitement complémentaire par IRA
Résultats :
La scintigraphie objectivait des reliquats thyroïdiens dans 100% des cas, le plus souvent au niveau de la loge thyroïdienne elle-même (résidus médians et paramédians). La thyroglobuline post-opératoire était supérieure à 15 ng/rnI chez 3 patients. Cependant, chez les 15 patients ayant eu une scintigraphie de contrôle à 10 mois en moyenne, on ne retrouve que 4 patients ayant un reliquat, à chaque fois rnédian, et la thyroglobuline est non décelable chez 13 de ces patients.
Conclusion :
Un reliquat glandulaire trop important risque de ne pas être détruit totalement par l'IRAthérapie postopératoire. Cela constitue un handicap pour la bonne conduite de la surveillance au long, cours. Cela justifie un dosage de thyroglobuline et une scintigraphie de contrôle quelques mois après l'intervention chirurgicale. La présence de thyroglobuline et d'une image scintigraphique justifie une IRAthérapie complémentaire jusqu'à obtention d'une cartographie blanche et d'un taux hormonal indécelable.

6. Orthèse dentaire de propulsion mandibulaire avec piégeur de langue dans le traitement du syndrome d'apnée du sommeil.
M Blumen, I. Buchet, P. Meulien, T. De Dieuleveult, F. Coquille, F. Chabolle.
Service ORL, Hôpital Foch, Suresnes

Introduction : L'obstacle rétrobasilingual joue un rôle prépondérant dans le syndrome d'apnée du  sommeil modéré à sévère. La ventilation à pression positive continue par vole nasale et la chirurgie linguale ou des maxillaires présentent malgré une efficacité reconnue, des contraintes ou des secondaires potentiels non négligeables. Le traitement non invasif par orthèse dentaire permet de traiter  globalernent les voies aériennes supérieures et s'inscrit dans l'arsenal thérapeutique du syndrome d'apnée du sommeil. Il existe des orthèses de propulsion mandibulaire, des piégeurs de langue et des ortheses associant les deux modes d'action. Le but de cette étude prospective était d'évaluer l'efficacité orthèse mixte de propulsion mandibulaire associée à un piégeur de langue.
Matériels et méthode :
Tous les patients se plaignant d'un ronflement nocturne et/ou de somnolence diurne ont bénéficié d'un enregistrement nocturne. L'examen clinique évaluait le ou les sites obstructifs ,  l'état dentaire et une éventuelle pathologie de l'articulation temporo-mandibulaire. Les patients présentant un obstacle rétrobasilingual prépondérant associé ou non à une rétromandibulie se voyaient proposer un traitement par orthèse dentaire. Celle-ci était réalisée dans l'unité de prothèse maxillo-facial  et confectionnée selon les empreintes dentaire et linguale du patient.
Résultats :
41 patients ont accepté la confection de cette orthèse. 16 patients ont abandonné au cours du  premier mois. 22 patients ont bénéficié d'un enregistrement pré et postopératoire. L'index hypopnée moyen et la saturation minimale en oxygène sans prothèse étaient respectivement de 32/h(8- 118) et 82 % (60-92). L'orthèse a permis une diminution significative de l'index d'apnée-hypopnée moyen, y compris pour les patients les plus sévères.
Conclusion :
L'orthèse dentaire de propulsion mandibulaire avec piégeur de langue constitue une alternative à la VPPCN et peut raisonnablement être proposée avant un traitement chirurgical d'avancée rnaxillo-mandibulaire ou de basiglossectomie réductrice pour le traitement d'un syndrome d'apnée du sommeil modéré ou sévère

7. L'orthèse d'avancée mandibulaire réglable dans le traitement des syndromes d'apnée du sommeil sévère : sa réalisation pratique (vidéo)
G. Vincent, B. Pételle, E. Schmitt, B. Meyer
Service ORL, CHU Saint-Antoine, Paris

Introduction - Dans la brise en charge du SAOS sévère, l'orthèse est un moyen simple, peu onéreux et reconnu comme traitement de deuxième intention après la ventilation en pression positive continue. La propulsion mandibulaire nocturne imposée libère l'espace aérien rétro-vélaire et rétro-basilingual responsable de l'obstacle sur les voies aériennes supérieures.
Matériel et méthode -
Nous avons fait le choix de la prothèse de Erbst, car elle permet une ouverture buccale et une adaptation progressive qui permet de juger de l'importance de l'avancée sur le résultat cherché, c'est à dire la libération suffisante de l'espace aérien rétro basilingual.
Présentation vidéo .
La réalisation pratique de l'orthèse est montrée dans une vidéo détaillant les étapes de l'examen clinique en passant par la prise d'empreinte jusqu'à la pose de l'orthèse.

8. Avancée mandibulaire par orthèse réglable pour le traitement du SAOS sévère. Intérêt du contrôle de l'avancée par oxymétrie
B. Petelle (1), B. Fleury (2), G. Vincent (1), D. Rakotonanahari (2), B. Meyer (1)
(1)Service ORL, CHU Saint-Antoine, Paris
(2)Centre d'exploration respiratoire du sommeil, Service de Pneumologie, CHU Saint-Antoine, Paris

Introduction : Dans la prise en charge du SAOS sévère, l'orthèse est un moyen simple, peu onéreux et reconnu comme traitement de deuxième intention après la ventilation en pression positive continue. La propulsion mandibulaire nocturne imposée libère l'espace aérien rétro-vélaire et rétro-basilingual responsable de l'obstacle sur les voies aériennes supérieures. Nous rapportons notre expérience actuelle. 
Matériel et méthode :
Nous avons analysé le suivi de 31 patients dont l'avancée mandibulaire réglée par étape a été contrôlée par oxymétrie puis confirmée par polysomnographie.

Résultats :
La moyenne de l'index d'apnées/hypopnées par heure (IAH/h) initial mesuré en polysosomnographie est de 50 (17-121) avec une amélioration sous orthèse à 13 (2-43). Le taux de succès est de 50 % en prenant comme critère de succès un IAH/h <10. Cette modification de la prise en charge depuis un an, a permis d'accroître le nombre de succès par rapport à un appareillage en un temps. La diminution des événements respiratoires est liée pour chaque patient au degré d'avancée. Seule cette démarche nous permet d'assurer la meilleure efficacité de l'orthèse. De façon similaire aux autres prises en charge du SAOS, l'index de masse corporel est un facteur péjoratif à l'efficacité de l'orthèse.
Conclusions :
Mis à part la présence de contre-indications, le bilan clinique et céphalométrique n'est pas suffisant à lui seul pour écarter ou retenir ce moyen thérapeutique simple, efficace et non invasif La diminution des événements respiratoires est liée pour chaque patient au degré d'avancée. Seule cette démarche nous permet d'assurera meilleure efficacité de l'orthèse

9. La radiofréquence avec contrôle thermique dans le traitement du syndrome d'apnée du sommeil modéré.
M. Blumen, S. Dahan, C. Hausser Hauw, B. Fleury, D. Clero, F. Chabolle
Service ORL, Hôpital Foch, Suresnes

La radiofréquence avec contrôle thermique (Somnoplasty, Somnus Inc.) s'est montrée efficace dans le traitement du ronflement bruit.

Objectif -
Le but de notre étude était d'évaluer, de façon prospective, son efficacité à court terme sur le syndrome d'apnée du sommeil (SAS) de type obstructif.
Matériel
et méthode : Les patients consultant pour une plainte de ronflement nocturne ou d'apnées visualisées par le conjoint ont tous bénéficié d'un examen clinique ORL et d'un enregistrement nocturne. Les patients qui avaient un index d'apnée-hypopnée compris entre 10 et 30/h de sommeil et un site de rétrécissement rétrovélaire prédominant sans hypertrophie amygdalienne se voyaient proposés un traitement par radiofréquence. 3 protocoles ont été successivement utilisés : protocole 3 punctures 1300 joules, protocole 4 punctures 2800 joules, protocole 3 punctures 2100 joules. 3 séances au maximum étaient prévues. Un enregistrement ventilatoire nocturne était effectué, 5 mois après la dernière séance,chez les patients dont les conjoints étaient satisfaits par le niveau sonore du ronflement ou qui étaient insatisfaits et souhaitaient une autre modalité thérapeutique.
Résultats :
65 patients ont été évalués cliniquement. 26 patients ont été évalués par polygraphie nocturne. Certains patients ont refusé un enregistrement de contrôle. Les résultats ont été évalués en fonction des critères suivants : volume sonore subjectif, score d'Epworth, index d'apnée hypopnée, saturation en oxygène et poids. La guérison était obtenue pour un index d'apnée hypopnée inférieur à 10. L'efficacité correspondait à un index inférieur à 20 avec une réduction d'au moins 50% de l'index d'apnée hypopnée préopératoire. Dans la majorité des cas, la radiofréquence avec contrôle thermique appliquée sur le voile du palais était efficace dans le traitement du syndrome d'apnée du sommeil minime à modéré.
Conclusion :
La radiofréquence peut être proposé chez des patients présentant un SAS minime et un obstacle purement vélaire.


10. Etude comparative de l'uvulectomie par radiofréquence (Rf) isolée versus son association à la Radiofréquence intra-vélaire (Rf-IV)
J.L. Ait-Ainer, E. Schmitt, B. Pételle, B. Meyer
Service d'ORL, CHU Saint-Antoine, Paris

Introduction :
L'efficacité de la radiofréquence intra-vélaire (Rf-IV) est limitée par l'existence d'une luette dont la longueur est supérieure à 2,5 cm qui est, dans notre série, un des facteurs d'échec de cette méthode. L'uvulectomie complementaire faite avec le même générateur, dans une même séance, augmente le score. Le but dece travail est de montrer quelle est la part réelle de 1'uvulectomie par radiofréquence dans le succès thérapeutique.
Matériel et méthode -
Nous présentons une étude prospective randomisée de 47 patients présentant une rhonchopathie chronique et ayant bénéficié d'une uvulectomie au moyen d'un générateur de radiofréquence utilisé en mode section-coagulation. Certains patients ont eu un complément de Radiofréquence intra-vélaire (Rf-IV).Tous les patients présentaient une luette supérieure à 2,5cm. L'uvulectomie par Rf et la RF-IV ont été réalisées au moyen du générateur de radiofréquence Surgitron 4MHz.
La Rf -IV, appliquée par la méthode intramusculaire, délivre 1500 joules répartis en 3 sites de 500 joules. 2 groupes de patients ont été réalisés :

Groupe Uvulectomie par RF-IV Rf associée 
1 20 cas  0
2 27 cas 27 cas

Résultats : L'uvulectomie par Rf donne une amélioration du ronflement dans 46 % des cas. L'association uvulectomie par Rf et RF-IV en 3 sites intramusculaires améliore de façon significative le résultat puisque 85 % des patients sont satisfaits. Par ailleurs l'absence de carbonisation tissulaire, lors de l'utilisation de la radiofréquence, procure un niveau douloureux postopératoire modéré (EVA 4.6+/-1.7). 
Conclusion .
Les résultats de 1'uvulectomie par Rf sont comparables à ceux publiés utilisant cette même technique avec Laser. Ils sort insuffisants pour proposer cette seule technique lors du traitement du ronflement. Mais l'action,. thérapeutique bien que  limitée est incontestable et explique le résultat lorsqu'elle est associée à la RF-IV pour les voiles dont la luette a une longueur supérieure à 2,5 cm. La rigidification du voile apporte donc un élément important de guérison du ronflement.

11. Radiofréquence intra-vélaire . Apport de la céphalométrie
E. Schmitt, JL. Ait Amer, B. Pételle, B. Meyer
Service d'ORL, CHU Saint-Antoine, Paris

Introduction - La radiofréquence intra-vélaire se substitue le plus souvent aux techniques chirurgicales classiques du traitement du ronflement et du syndrome d'apnée du sommeil modéré. Les succès sont équivalents à condition de sélectionner les patients en fonction de leur morphologie pharyngée.
Matériel et méthode :
350 patients ont été traités de ronflement par radiofréquence intra-vélaire. 19 patients présentant un échec ont eu une céphalométrie afin de mesurer l'espace rétro-vélaire et de chercher une corrélation clinique.
Résultats :
La radiofréquence intra-vélaire entraine un taux de succès de 85 % dans notre série actuelle. 5% de ces échecs proviennent d'une taille anormale de la luette, pour les 10 % restants, on incrimine subjectivement la présence d'un espace rétro vélaire étroit. Une céphalométrie de profil a été réalisée chez 19 patients présentant un échec après 3 séances de radiofréquence. Les résultats retrouvent chez 16 patients une distance rétro-vélaire en analyse de Tweed inférieure à 5 mm.
Conclusion :
L'analyse clinique de la morphologie vélaire apporte des arguments prédictifs sur la réussite de la radiofréquence vélaire ne justifiant pas d'imagerie systématique.

12. Quelle place reste-t-il pour la chirurgie dans le traitement des rhonchopathies chroniques en 2000?
B. Meyer, E. Schmitt, B. Pételle, J.L.Aït-Amer
Service d'ORL, CHU Saint-Antoine, Paris

La pharyngotomie vélaire a été mise au point et largement diffusée il y a une quinzaine d'années pour le traitement des rhonchopathies chroniques. Peu à peu sa place a été mieux précisée en jugeant les résultats respectifs de cette technique sur le ronflement d'une part et sur le syndrome d'apnée obstructive du sommeil (SAOS) lorsqu'il existait. Les résultats ont été décevants pour les SAOS les plus sévères, alors qu'au contraire ils étaient satisfaisants sur le ronflement en l'absence de SAOS ou associés à des SAOS modérés, avec dans ce dernier cas une action complémentaire sur le syndrome obstructif . La critique essentielle de cette méthode chirurgicale est l'importance et la durée de la douleur postopératoire due à la section de la muqueuse qu'elle qu'en soit le procédé. L'utilisation de la radiofréquence intra-vélaire, éventuellement associé à la section uvulaire avec le même outil de consultation, permet aujourd'hui des résultats semblables à ceux de la chirurgie sans l'inconvénient de la douleur, si les indications sont bien posées. Ainsi lors des rhonchopathies sans SAOS sévère, la chirurgie est encore indiquée pour les désobstructions nasales et l'exérèse des amygdales hypertrophiées, bien que l'utilisation de la radiofréquence dans les cornets et sur les amygdales permette une réduction volumétrique sans chirurgie. Lors des SAOS sévères la chirurgie est parfois indiquée. -Il peut s'agir de réduction vélaire exceptionnellement efficace en soi ou, plus souvent, de désobstruction nasale permettant une meilleure tolérance de la ventilation en pression positive continue nocturne (VPPCN). La chirurgie d'avancée maxillaire et/ou mandibulaire ou de réduction basi-linguale garde des indications basées sur l'abandon de la VNPPC et l'essai d'orthèse d'avancée mandibulaire.

13. La polysomnographie : en laboratoire ou à domicile ?
F. Gagnadoux (1), E. Schmitt (2) , B. Fleury  (1), B. Meyer (2)
(1)Centre d'exploration respiratoire du sommeil, Service de Pneumologie, CHU Saint-Antoine, Paris
(2) Service ORL, CHU Saint Antoine, Paris

Introduction : La polysomnographie (PSG) est un examen indispensable pour diagnostiquer, analyser et contrôler l'efficacité thérapeutique du syndrome d'apnée obstructive du sommeil (SAOS), dès lors qu'il existe une suspicion clinique. La prise en charge thérapeutique du SAOS étant devenue banale, l'accès aux laboratoires nécessite actuellement des délais importants en France. Une solution alternative existe grâce aux polysomnographes dont l'investissement est moins onéreux que la création de lits de sommeil. Cependant outre l'investissement dans ce matériel miniaturisé, il faut une mise en place correcte des multiples électrodes ce qui nécessite une expérience certaine et un calibrage des signaux sur ordinateur. Malgré tout, l'intérêt de la PSG à domicile est d'éviter une hospitalisation de nuit et de permettre au patient d'être enregistré dans ses conditions habituelles de sommeil.
Matériel et méthode :
Une étude prospective a été réalisée chez 99 patients, chacun ayant deux enregistrements l'un en laboratoire, l'autre à domicile avec un Minisomno, l'ordre d'enregistrement étant aléatoire. Le but du travail était d'évaluer la fiabilité des résultats.
Résultats -
66 patients ont eu deux examens valides et sont inclus dans l'étude comparative. Le taux d'échec technique rendant le résultat inutilisable est de 24 % au domicile. Malgré cet écueil, on montre que les données de la PSG sont comparables entre le domicile et le laboratoire. Il existe une bonne concordance entre les deux examens pour le diagnostic du SAOS (90 %) malgré la variabilité inter nuit de l'index d'apnée (44% avec à IAH/h > ou = à 1 0).
Conclusion .
La PSG à domicile peut être un moyen de pallier l'insuffisance des lits dans les laboratoires de sommeil, mais nécessite une collaboration étroite avec ces laboratoires.