Janvier 2004 Desinfection des fibroscopes medicaux: nouvelles mesures
Desinfection des fibroscopes medicaux: nouvelles
mesures. ( En vigueur en France depuis le 17 decembre 2003 )
Les nouvelles mesures edictées par la Direction Generale de la Santé et la
DHOS imposent une desinfection avec un produit de groupe II ( en pratique
l'acide peracetique ).
Elles alourdissent considerablement le cout de l'acte (temps de nettoyage,
protection du personnel, cout des produits, degradation rapide des appareils).
L'abandon du glutaraldehyde, efficace sur tous les germes virus et champignons y
est justifié par le risque prion.
En France, ce risque est pour l'instant inconnu, mais on ne note à ce jour que
6 cas de maladie de Creutzfeldt Jakob NV ( nouveau variant ) sans precision
quant au mode de contamination. Aucun nouveau cas n'a été rapporté en
2003.
En ORL, l'utilisation du
nasofibroscope est tres courante, permettant
l'examen du larynx, du pharynx, du cavum et des fosses nasales dans des
conditions de confort et de facilité qui ont revolutionné la pratique
professionnelle il y a plus de 20 ans. Ces appareils
n'ont pas de canal operateur, car il s'agit d'instruments d'observation et non
d'intervention. La plupart du temps, l'examen n'entraine pas d'effraction
muqueuse, notamment dans les zones lymphoides et le contact est tres bref.
La circulaire y fait reference en ces termes: "A défaut pour le traitement des nasofibroscopes sans canal
opérateur, utilisés dans un acte de
durée brève et sans effraction, en raison de la balance bénéfice / risque de
l’examen, et du fait de la facilité de nettoyage de ce type de dispositifs
médicaux, une procédure simplifiée pourra être mise en oeuvre. Cette
procédure simplifiée comprend : un simple nettoyage, une désinfection par un
produit du groupe II, suivi d’un rinçage à l’eau du réseau. En cas de
saignement qui peut laisser supposer un contact par effraction des tissus
lymphoïdes potentiellement infectieux vis à vis des ATNC, la procédure
préconisée dans la présente circulaire sera mise en oeuvre (double nettoyage,
désinfection par un produit du groupe II, suivi d’un rinçage à l’eau du
réseau)."
Neanmoins, on remarque que l'utilisation de gaines protectrices à usage unique,
pourtant bien adaptées du fait de l'absence de canal operateur, n'a pas été
mentionnée, alors que c'est une methode validée dans d'autres pays.
Le Syndicat National ORL craint que le cout reel de ces mesures ne conduisent
les praticiens à revenir aux methodes de laryngoscopie sous anesthesie generale,
d'un cout effectif bien superieur, mais pris en charge par les etablissements de
soins.